jeudi 11 mai 2006

lettre à celui qu'on aimait


Tout d'un coup je pleure, je t'aime, tu me manques, je t'aime.
Je t'ai lu ce matin, je t'ai imaginé au lit ce matin, encore avant j'ai entendu J. faire un lapsus et m'apprendre par mégarde que tu en aimais une autre, avec tout de suite l'image de l'autre, ce celle qui tout de suite sera baisée sous tes doigts, carressée, effleurée, sans repentir, comme ça, sans remords, en tout naturalité ...
J'ai imaginé l'appeler, la questionner adroitement pour qu'elle m'avoue, oui, que c'était Elle, ou je ne sais pas finalement.
Quand je m'endors, c'est toi que je vois tout contre moi, tes yeux, ton dos ... je t'aime ...
Puis je me suis levée, je t'ai lu près d'Assouline et ça m'a transpercé le coeur.
Je t'ai serré virtuellement dans mes bras, je voulais te faire un signe. Puis je me suis rendormie ...
Une ballade en forêt, j'ai repensé aux fois (il m'en est revenu beaucoup, la première rue du Pot de Fer, le retour du ski, le café de la Mairie, les étangs, le cimetière du montparnasse, Match Point, et la dernière, celle où j'aurais aimé me délester de ces mauvaises paroles, il fallût que ce morceau de méchanceté sorte).
Là, après,j'ai failli prendre ma voiture, sonner à ta porte, et te crier je t'aime.
Ce matin, je me voyais derrière mon drap avec "je t'aime B. ", elle qui ouvre la fenêtre et moi qui tombe ... et qui meurt .
Mais cet après-midi, c'était plutôt une belle déclaration qui voulait sortir ...
Et je sais qu'en fait seule pourrait subsister une amitié, mais seul toi m'apportait ce bonheur ... tu n'as pas besoin de moi.
Je te vois à mon coucher, face à moi, me souriant et disant que je suis belle de près, que seul toi peut me voir sous cet angle et que tu m'aimes.
Je veux que tu souffres, que tu pleures, que tu m'aimes ...