samedi 23 février 2008



Je viens de me rendre compte que mon blog était périmé, 2007, c'est passé, derrière nous, oui ce nous.

Autant que je me souvienne, me venait toujours l’expression jeune fille quand je la voyais dans le quartier, au retour du marché la plupart du temps, de la rue Michaux à la rue de Tolbiac, ou bien plus près du parc, aux alentours du lycée, quand elle traversait les groupes de jeunes gens alors que je remontais vers la place d’Italie et que je me disais là : une vieille femme comme une jeune fille. Je la vis pour la dernière fois un soir de décembre, un dimanche, quand j’attendais un homme de ce temps-là, Tedbalt, et que j’avais ouvert la fenêtre, me penchant pour rêver et imprimer des images, attitude dont j’avais pris l’habitude à mon insu. Elle passa sous les réverbères dans une démarche d’enfant. Et je sus tout le désespoir que la petite bonne femme, si belle, ressentait, puisque je l’avais aperçue une heure plus tôt.

mardi 12 février 2008

passage à la bibliothèque


j'avais fait une razzia (attaque, incursion rapide en territoire étranger, dans le but de faire du butin. Le terme provient du mot arabe ġazwa غزو ) il y a trois semaines ... en vue de mon week- end ski et de mon métro parisien.

J'en ai entamé un : Dostoïevski, crime et châtiments, mais puisque tout le monde (alias Yo) s'en moquait, je me suis interrompue (ai brisé la continuité de, rompu la continuation de). Pourtant j'avais pris soin de prendre la traduction par André Markowicz, et j'avoue que la lecture est tout à fait exquise, mais il faudrait que j'ai plus de temps pour m'y plonger.

Donc restée au chapitre VII : La porte, comme la dernière fois, ne fit que s'entrebâiller à peine, et, à nouveau, deux yeux aigus et méfiants le fixèrent dans le noir. Ici, Raskolnikov s'affola un peu et faillit faire une faute importante.
Le crime va bintôt être vécu.

Puis plongée littéralement dans Ballaciner, de JMG LE CLEZIO (je ne pouvais guère me tromper sur la qualité de cet écrit, sans parlementer sur le genre littéraire).
Ballaciner
tomber du ciel
de nuage
en nuage
au milieu
des éclairs.

Le début est fantastique avec le pourquoi tomber amoureux du cinéma, accro de la littérature. L'invention du cinéma et ses plus grands classiques, muets, italiens, américains, japonais ou français. Comment enfin pénétrer dans Du côté de chez swan, non pas pour ses madeleines mais pour une raison toute personnelle.

Ecouter parler de Bergman, de sa Monika, de ses soirs d'été, (après ma jolie lecture de noirmoutiers, autobio-fiction-graphie de I. Bergman), de Yasujiro Ozu, d'ugetsu (Mizoguchi).

L'invention de l'amour pour le cinéma, une leçon d'amour, les Fraises sauvages, sourires d'une nuit d'été (I. B), comme j'aime ce prénom Henrik, ou Satyajit Ray.

Un livre de chevet tout beau de chez gallimard (ça m'a orientée dans mon choix).


Pour les autres, que je n'ai pas eu le temps d'ouvrir :
- La langue d'Anna de Bernard Noël, à vrai dire, si je l'ai ouvert, mais n'ai pas aimé cette profusion de "je", trop de première personne du singulier, trop de fiction.

Je ne suis moi-même qu'un simple porte-voix, mais qui a conscience de son rôle, si bien que je n'ai jamais pu être cynique. Je me dis que je ressemble à ce qu'il vient de dire, et qu'il est un barbare, et moi également, et que nous sommes butés, lui derrière son front barré par le destin, moi derrière mon sourire pour photographes. Je n'ai pas ... et tu ne peux ... Je ne sais pas, ... J'imagine son cadavre ... Je crois que la boue ... Je le dis ... Je n'avais ...
encore l'holocauste.

- La Bête qui meurt de Philip Roth, parce que c'est un gallimard, et parce que Roth (que je n'ai jamais lu), mais je vais lire ses premières lignes et probablement l'emprunter à nouveau.