mardi 22 janvier 2008

Elle lui a dit qu'elle préférait qu'il en soit ainsi entre elle et lui.
Qu'elle préférait que cette histoire en reste là, même si l'enfant ne la comprenait pas, qu'elle en reste dans ce désir-là, même si cela pouvait la porter à se donner la mort. Pas une mort matérielle mais une mort morte, privée de douleur, de descendance, d'enfance, d'amour.
Elle a dit : Que ce soit tout à fait impossible
Elle a dit : Que ce soit tout à fait désespéré.
Elle a dit que s'il avait été plus grand leur histoire les aurait quittés, qu'elle ne pouvait même pas imaginer une telle chose et que c'était bien qu'il en soit ainsi entre elle et lui. Elle a ajouté qu'il ne comprenait pas tout ce qu'elle disait, ce n'était pas important. L'enfant pleurait, il pleurait aussi sans raison tout comme si le massacre de la petite soeur ne s'était jamais arrêté et qu'il continuait encore à envahir la terre, lentement, entiérement, la terre entière.
Elle lui a dit aussi qu'elle savait qu'il ne pouvait pas encore comprendre ça qu'elle lui disait mais que'elle ne le savait pas au point de se taire.
L'enfant écoutait tout. Tout il écoutait cet enfant.


regardez la lune


Ce soir, il faut regarder la lune, le faut de müssen en allemand, pas sollen, ni dürfen... un autre en rédigerait des pages sur les nuances des différents "falloir" et introduirait tirets et pacotilles...
Vraissenblablement, la lune est magnifique ce soir, ronde et ultralucide, étincelante et envoûtante... "-viens voir la lune ... [etc] ... -bah qu'est ce que tu fais ? -je regarde la lune!"
J'ai levé les yeux au ciel ... et je lui ai souri.

dimanche 20 janvier 2008

à la bibliothèque



A mon dernier passage, je me suis emparée de trois livres, à rendre le 29 janvier 2008.

La Bulle de Tiepolo de Philippe Delerm, chez Gallimard, petit livre de peinture, d'écriture, d'Italie, et de sentiments ... qui m'a bien plu. On y parle de fresques oubliées, de grand-père mystérieux, et de Venise.

Puis, par ordre de lecture, ou plutôt d'achèvement de lecture, la Réticence de Jean-Philippe Toussaint, aux éditions de Minuit, qui rappelle un peu le Rivage des syrtes, (j'aurais voulu citer quelqu'un, mais je ne retrouve pas ma source), et le Chateau de Kafka ... par son annonce avant l'heure, sans jamais réellement résoudre l'énigme qui nous tient en haleine tout durant le roman.

Si on oublie Biaggi à la fin de notre lecture, c'est bien de l'avoir trop lu en vain ... j'avais déjà été confronté à cela dans ma dernière lecture de non pas J-P Toussaint,mais de Jean Echenoz, l'histoire du pianiste, Au Piano (paru en 2003, contrairement à la réticence en 1991), où l'in est poussé à continuer par envie de savoir, curiosité, comment va t'il s'en sortir, finir et "justifier" son oeuvre ?

De J-P Toussaint, j'ai lu Fuir, Minuit, 2005; Faire l’amour, Minuit, 2002; La Réticence, Minuit, 1991; La Salle de bain, Minuit, 1985 ; mais il a également des oeuvres filmographiques à son actif (La Patinoire, 1999; Berlin 10.46, en collaboration avec Torsten Fischer, 1994; La Sévillane, d’après L’Appareil-photo, 1992; Monsieur, 1989)

Un instant ma confusion m'a poussée à évoquer Au piano de Jean-Philippe et non pas de Jean, et je lis avec justesse, et compréhension : La première partie d’Au Piano pourrait laisser croire qu’Echenoz, tel un Jean-Philippe Toussaint, cultive cet art de funambule qui consiste à n’avoir rien à dire. Heureusement pour le lecteur, tel n’est pas le cas.

Au piano nous présentait Max Delmarc, quinquagénaire et pianiste de son état. Dépressif et trop porté sur la bouteille, Max est flanqué de Bernie, un personnage qui lui sert d’ange gardien et dont la fonction principale est de l’empêcher de boire avant les concerts.

Je trouve -personnellement- qu'en effet parler de l'art de n'avoir rien à dire, n'est pas anodin chez ces auteurs ...

Enfin, il me reste à poursuivre ma lecture de Yann Andréa Steiner de Marguerite Duras...

vendredi 11 janvier 2008

Happyness is nothing if not shared

Ce soir, j'ai été voir In the Wild ... film très prenant, et très fort .
Il m'a totalement bouleversée -pour plusieurs raisons sans aucun doute- , et mise dans un état d'errance et de surnaturel, sans envie aucune de retourner dans le monde réel.
Une parenthèse d'émotions poignantes ancrées profondément, basée sur des non-dits, et sur l'orientation que l'on veut donner à sa vie, l'Idéal.
Plus dur d'écrire quand on a face à soi deux photos...
J'ai souhaité l'antidote, j'ai voulu croire à la réversibilité, à la puissance des sentiments d'amour ou d'amitié, mais ce film nous donne à réfléchir, et pousse à relativiser ... tout en soulignant l'impossibilité, ou la tristesse, ou plutôt the lack of happiness, à vouloir à tout prix la vérité, la pureté, ou l'Absolu.
Au sortir du cinéma, j'ai croisé par hasard un Ange, et eu des nouvelles d'Aurélie...